Le Secrétariat de l’éducation et des langues autochtones

Informations générales sur les langues autochtones

Les Territoires du Nord-Ouest constituent la seule région politique du Canada à reconnaître 11 langues officielles. Sur ces onze langues, neuf appartiennent à trois familles de langues autochtones différentes : déné-athapascan (chipewyan, gwich’in, esclave du nord, esclave du sud et tłı̨chǫ), inuit (inuinnaqtun, inuktitut et inuvialuktun) et algonquien (cri). Les langues autochtones sont couramment parlées dans l’ensemble des Territoires du Nord-Ouest dans les collectivités plus petites qui comptent un pourcentage élevé de locuteurs aux TNO. Toutefois, selon l’Enquête communautaire des TNO de 2014, un pourcentage élevé de locuteurs aux TNO de la plupart des langues officielles habitent à Yellowknife/Ndilǫ et dans d’autres centres régionaux. Les régions où les langues autochtones des TNO sont parlées s’étendent au Yukon, à l’Alaska, à la Colombie-Britannique, à l’Alberta, à la Saskatchewan, au Nunavut et au-delà de ces territoires.

Les langues de la famille déné-athapascan parlées aux TNO comprennent le chipewyan (c.-à-d. Dëne Sųłıné Yatıé), le gwich’in (c.-à-d. Dinjii Zhu’ Ginjìk), l’esclave du nord (c.-à-d. Sahtúot’ı̨nę Yatı), l’esclave du sud (c.-à-d., Dene Zhatıé) et le Tłı̨chǫ Yatıı̨̀.

  • Les locuteurs du chipewyan peuvent faire référence au chipewyan en soi, ou à l’un de ses dialectes ou sous-dialectes connus sous les noms Dëne Sųłıné Yatıé, Dëne Dédlıné Yatıé, Tthetsánót'ıné Yatıé, dialecte-K ou dialecte-T. En proportion, la plupart locuteurs du chipewyan aux TNO vivent à Yellowknife/Ndilǫ (30,2 %), Łutselk'e (26,2 %) et Fort Resolution (19 %). Le chipewyan est également parlé dans des régions de l’Alberta, de la Saskatchewan et du Manitoba.
  • Les locuteurs du gwich’in peuvent faire référence au gwich’in en soi, ou à l’un de ses dialectes ou sous-dialectes connus sous les noms Dinjii Zhu’ Ginjìk, Teetl’it Gwichin ou Gwichya Gwich’in. La plupart des locuteurs du gwich’in vivent à Fort McPherson (35,8 %), Inuvik (24,2 %) et Yellowknife/Ndilǫ (13,4 %). Le gwich’in est également parlé dans des régions du Yukon et de l’Alaska.
  • Les locuteurs de l’esclave du nord peuvent faire référence à l’esclave du nord en soi, ou à l’un de ses dialectes ou sous-dialectes connus sous les noms Sahtúot’ı̨nę Gokedǝ́, Sahtúot’ı̨nę Yatı̨́, Sahtúgot'ıne Yatı̨́, K’ashógot’įne Yatı̨́, Shúhtaot’ı̨ne Yatı̨́, Shıhgot'ıne ou d’autres noms. La plupart des locuteurs de l’esclave du nord vivent à Délı̨ne (29,1 %), Yellowknife/Ndilǫ (16,2 %) et Tulita (14,2 %). L’esclave du nord est également parlé au Yukon.
  • Les locuteurs de l’esclave du sud peuvent faire référence à l’esclave du sud en soi, ou à l’un de ses dialectes ou sous-dialectes connus sous les noms Dene Zhatıé, Dehcho Dene Zhatıé, Łı́ı́dlı̨ı̨ Kų́ę́ Dene Zhatıé, Deh Gáh Got'ı̨ę, Echaot'ı̨ Kǫ́ę́ Dene Zhatıé, Katł’odeeche Dene Zhatıé ou d’autres noms. La plupart des locuteurs de l’esclave du sud vivent à Fort Simpson (22,9 %), Fort Providence (20,9 %) et Fort Liard (15,9 %). L’esclave du sud est également parlé au Yukon, en Colombie-Britannique et en Alberta.
  • Les locuteurs du tłı̨chǫ peuvent faire référence au tłı̨chǫ en soi, ou à l’un de ses dialectes ou sous-dialectes connus sous les noms Tłı̨chǫ Yatıı̨̀, Wıı̀lıı̀deh Yatıı̀ ou d’autres noms. La plupart des locuteurs du tłı̨chǫ vivent à Behchokǫ̀ (49,0 %), Yellowknife/Ndilǫ (15,3 %) et Whatı̀ (13,2 %).

Les langues inuites parlées aux TNO comprennent l’inuinnaqtun, l’inuktitut et l’inuvialuktun.

  • En proportion, la majorité des locuteurs de l’inuinnaqtun aux TNO vit à Ulukhaktok (81,0 %), Yellowknife (10,8 %) et d’autres collectivités plus petites de la région de Beaufort-Delta (8,2 %). Le kangiryuarmiutun est un dialecte de l’inuinnaqtun parlé à Ulukhaktok. L’inuinnaqtun est également parlé dans des régions du Nunavut.
  • La plupart des locuteurs de l’inuktitut vivent à Yellowknife (34,8 %), Fort Smith (15,9 %) et Hay River (11,9 %). L’inuktitut est la langue officielle du Nunavut.
  • Les locuteurs de l’inuvialuktun peuvent faire référence à l’inuvialuktun en soi, ou à l’un de ses dialectes ou sous-dialectes, connus sous les noms Siglitun ou Uummarmiutun. La plupart des locuteurs de l’inuvialuktun vivent à Inuvik (42,6 %), Tuktoyaktuk (24 %), Aklavik (7,5 %) et Paulatuk (7,5 %).

La langue algonquine parlée aux TNO est le cri (c.-à-d. Nēhiyawēwin).

  • Les locuteurs du cri peuvent faire référence au cri en soi, ou à l’un de ses dialectes ou sous-dialectes connus sous les noms Nēhiyawēwin, Sākaw Nēhiyawēwin, Sakāwithiniwak, Bush Cree, Northern Woodland Cree ou cri des plaines. En proportion, la plupart des locuteurs du cri aux TNO vivent à Fort Smith (41,1 %), Yellowknife/Ndilǫ (28,3 %) et Hay River (17,5 %). Le cri est également parlé dans des régions de la Colombie-Britannique, de l’Alberta, de la Saskatchewan, du Manitoba, de l’Ontario, du Québec et de Terre-Neuve-et-Labrador.  

Selon l’Enquête communautaire des TNO de 2014, de 1989 à 2014, le pourcentage de résidents des TNO âgés de 15 ans et plus parlant une langue autochtone a diminué de 17,1 %, et se situe maintenant à 38,5 % de la population âgée de 15 ans et plus. Depuis 2013, les gouvernements autochtones régionaux reçoivent des contributions annuelles du GTNO pour administrer les Plans régionaux sur les langues autochtones, ce qui les aide à atteindre les objectifs de revitalisation des langues. En 2016, un nouveau plan d’action Canada-TNO est entré en vigueur afin d’augmenter le financement des Plans régionaux sur les langues autochtones. Bien qu’il reste un grand travail de collaboration à réaliser, la poursuite du financement direct des initiatives communautaires de revitalisation des langues permettra d’accroître l’utilisation des langues aux TNO.