Secrétariat des langues autochtones

Aperçu des langues officielles

Les Territoires du Nord-Ouest (TNO) sont la seule administration au Canada qui compte neuf (9) langues officielles autochtones, en plus de l’anglais et du français, dans sa Loi sur les langues officielles. La Loi reconnaît que de nombreuses langues sont parlées et utilisées par les peuples des TNO et elle vise à préserver, à développer et à améliorer les langues autochtones. La Loi sur les langues officielles des TNO reconnaît onze (11) langues : le chipewyan (dëne sųłıné), le cri (nēhiyawēwin), le gwich’in, l’inuinnaqtun, l’inuktitut, l’inuvialuktun, l’esclave du Nord (sahtúǫt’ı̨ne), l’esclave du Sud (dene zhatıé), le tłı̨chǫ, le français et l’anglais. 

De ces langues, neuf (9) sont autochtones et appartiennent à trois (3) familles différentes : les langues dénées, les langues inuites et les langues algonquiennes/cries

Les cinq (5) langues dénées sont les suivantes :

  • Le chipewyan (dëne sųłıné) : parlé à Łutselk’e, Fort Resolution, Hay River, Fort Smith et Detah.
    • Le dëne sųłıné s’appelle aussi chipewyan. L’enquête menée auprès des collectivités des TNO en 2014 a révélé que plus de 560 personnes parlaient le dëne sųłıné. Au Canada, plus de 12 000 personnes parlent cette langue, notamment en Saskatchewan, en Alberta, au Manitoba et aux Territoires du Nord-Ouest. Sa région linguistique couvre la rive sud du Grand lac des Esclaves et s’étend jusqu’au nord de l’Alberta, de la Saskatchewan et du Manitoba et même au sud du Nunavut.
  • Le gwich’in (dinjii zhu’ ginjik) : parlé à Aklavik, Inuvik, Tsiigehtchic et Fort McPherson. Le gwich’in est la langue du peuple Gwich’in.
    • L’enquête menée auprès des collectivités des TNO en 2014 a révélé que plus de 335 personnes parlaient le gwich’in. La région linguistique du gwich’in s’étend des berges septentrionales du fleuve Mackenzie jusqu’au nord du Yukon et au nord-est de l’Alaska.
  • L’esclave du Nord (sahtúǫt’ı̨ne) : parlé à Colville Lake, Fort Good Hope, Norman Wells, Tulita et Délı̨nę.
    • Le sahtúot’ı̨nę s’appelle aussi esclave du Nord. L’enquête menée auprès des collectivités des TNO en 2014 a révélé que plus de 1 080 personnes parlaient le sahtúot’ı̨nę. La région du Sahtú s’étend des rives occidentales du Grand lac de l’Ours jusqu’à l’ouest de la frontière des TNO avec Yukon.
  • L’esclave du Sud (dene zhatıé) : parlé à Sambaa K’e, Fort Liard, Nahanni Butte, Kakisa, Fort Providence, Jean Marie River, Wrigley et Fort Simpson.
    • ​​Le dene zhatıé s’appelle aussi l’esclave du Sud. Il s’agit de la langue des Dénés de la région du Dehcho. L’enquête menée auprès des collectivités des TNO en 2014 a révélé que plus de 1 440 personnes parlaient le dene zhatıé. La région du Dehcho couvre la partie sud du fleuve Mackenzie (ou Dehcho) et se prolonge vers le sud, jusque dans le nord de l’Alberta et la Colombie-Britannique.
  • Le tłı̨chǫ : parlé à Gamètı̀, Wekweètı̀, Whatı̀, Behchokǫ̀; le wıìlıìdeh est parlé à Ndilǫ et Detah.
    • Le tłı̨chǫ est une langue dénée du nord parlée par le peuple déné tłı̨chǫ (flanc-de-chien). L’enquête menée auprès des collectivités des TNO en 2014 a révélé que plus de 2 235 personnes parlaient le tłı̨chǫ. La région des Tłı̨chǫ couvre la côte nord du Grand lac des Esclaves, atteignant presque le Grand lac de l’Ours. Behchokǫ̀ est la plus grande collectivité de la région des Tłı̨chǫ.

 

Les trois (3) langues inuites sont les suivantes :

  • L’inuvialuktun : parlé à Sachs Harbour, Paulatuk, Tuktoyaktuk, Aklavik et Inuvik.
    • L’inuvialuktun renvoie à deux dialectes distincts : le siglitun et l’uummarmiutun. L’enquête menée auprès des collectivités des TNO en 2014 a révélé que plus de 600 personnes parlaient l’inuvialuktun. L’inuvialuktun est utilisé dans le delta du fleuve Mackenzie, sur l’île Banks, dans certaines parties de l’île Victoria et sur la côte de l’océan Arctique, aux Territoires du Nord-Ouest.  
  • L’inuinnaqtun : surtout parlé à Ulukhaktok.
    • L’inuinnaqtun est également un type d’inuvialuktun, mais il a reçu un statut officiel aux TNO. Il existe de nombreuses variantes de l’inuinnaqtun dans l’ouest du Nunavut, mais une seule variante est parlée aux TNO, le kangiryuarmiutun. L’enquête menée auprès des collectivités des TNO en 2014 a révélé qu’il y avait environ 195 personnes qui parlaient l’inuinnaqtun.
  • L’inuktitut : surtout employé à Yellowknife et dans les centres régionaux.
    • L’inuktitut est une langue comptant de nombreuses variétés parlées d’un bout à l’autre du Nunavut. L’enquête menée auprès des collectivités des TNO en 2014 a révélé qu’il y avait environ 200 personnes qui parlaient l’inuktitut aux TNO. Les locuteurs de cette langue se trouvent partout aux TNO, ce qui en dit long sur la mobilité des Inuits.

 

La langue algonquienne est la suivante :

  • Le cri (nēhiyawēwin) : parlé principalement à Fort Smith et dans les environs de Hay River.
    • Le nēhiyawēwin s’appelle aussi cri. L’enquête menée auprès des collectivités des TNO en 2014 a révélé qu’il y avait environ 275 personnes qui parlaient le nēhiyawēwin. À l’échelle du Canada, plus de 117 000 personnes parlent le nēhiyawēwin. Différentes variantes du nēhiyawēwin se parlent du Labrador jusqu’à l’Alberta. Les TNO représentent l’extrémité nord de sa portée.

 

Les langues autochtones sont liées à la terre qui les a vues naître. Elles sont parlées, pour la plupart, dans les petites collectivités un peu partout aux Territoires du Nord-Ouest. Afin d’aider les chercheurs, les traducteurs, les linguistes et le grand public, une page de ressources a été compilée. Visitez le site Web du Centre du patrimoine septentrional Prince-de-Galles afin d’accéder à ce contenu.