Entrevue avec Nancy MacNeill

Q. : Où êtes-vous née?

R. : Je suis née à Frobisher Bay, aux Territoires du Nord-Ouest, qui s’appelle maintenant Iqaluit et est située au Nunavut. Je suis allée à différentes écoles, dans l’ordre : Mildred Hall, J. H. Sissons, William MacDonald puis Sir John Franklin, où j’ai obtenu mon diplôme. Ces écoles sont toutes situées à Yellowknife. J’habite Yellowknife depuis que j’ai quatre ans. J’adore cet endroit. Je ne pense pas que j’en partirai un jour!

Q. : Pourquoi donc?

R. : Ici c’est chez moi et c’est ici que ma famille habite. C’est ici que je suis le mieux. Ce n’est pas toujours facile de vivre ici, mais je me sens chez moi. Je crois que, la seule chose qui me ferait fuir, ce sont les tiques!

Q. : Où avez-vous poursuivi votre éducation postsecondaire et en quoi avez-vous étudié?

R. : Je suis allée à l’Université de Lethbridge, comme beaucoup de Ténois, car c’est une petite école et ce n’est pas trop loin. J’ai fait un baccalauréat ès arts en sciences politiques et histoire. C’était intéressant. Je dirais que ça n’a pas une grande importance dans ce que je fais maintenant, mais c’était une bonne formation, qui m’a appris davantage sur le plan de l’éducation sociale que de l’éducation pratique. Quand je suis revenue à Yellowknife, je me suis tout de suite engagée dans les domaines de la promotion de la santé, de la mobilisation des jeunes, du travail pour les femmes. C’est dans ces secteurs que j’ai acquis toutes mes compétences de travail.

Dans le cadre de mon emploi actuel, je travaille dans le secteur de la santé et du bien-être des Autochtones; je suis donc entourée de gens dont le principal intérêt est la santé publique et communautaire et c’est absolument fantastique!  

Q. : Pourquoi avez-vous choisi cette voie? Étiez-vous décidée à suivre cette voie dès l’école secondaire ou avez-vous pris une pause, ou avez-vous changé d’orientation en cours de route?

R. : J’ai dévié de mon plan quand je suis allée à l’université, mais j’y suis revenue par après. Déjà, à l’école secondaire, je savais que je voulais travailler avec les jeunes, des personnes marginalisées aussi, dans une démarche de responsabilisation et afin qu’ils puissent créer une meilleure société pour eux-mêmes. Il est important de donner de l’information adéquate aux gens pour qu’ils soient en mesure de faire les bons choix pour eux-mêmes. J’ai fait quelques incursions bizarres dans d’autres domaines, par exemple, j’ai occupé un emploi en ventes publicitaires. Puis j’ai commencé le programme FOXY et je suis revenue vers mon plan initial. Je pense que je devais m’en éloigner un peu, pour me rendre compte qu’en fait, je ne pouvais vivre autrement. Lorsque cet emploi s’est présenté, j’étais euphorique, c’est exactement ce que je cherchais, et ce que je veux faire : je travaille en équipe, mes patrons sont formidables et me fournissent un soutien constant. Nous sommes en mesure d’être à l’écoute des besoins de la collectivité.

Q. : Avez-vous des conseils à donner aux étudiants qui songent aux prochaines étapes quand l’école sera terminée?

R. : Essayez tout ce qui vous tente! Allez à une école de métiers, à un collège communautaire, partez en voyage, bref faites tout ce qui vous tente et trouvez votre voie, parce que c’est le bon temps pour le faire. À vrai dire, lorsqu’on est jeune, on a quelques idées de ce qui nous passionne, mais il y a probablement un million de façons de vivre nos passions. Vous ne voulez surtout pas vous imposer des limites. Peu de gens s’engagent très jeunes dans une activité, et suivent cette voie pour le reste de leur vie active. J’ai fait de grands détours pour arriver où je suis! Et je suis bien contente de les avoir faits. Essayez tout ce qui passe et ne vous limitez pas.